La bataille de MIDWAY (règle War at Sea )

midway

Contexte historique

Du 3 au 6 juin 1942, six mois à peine après le choc de Pearl Harbour, les Américains reprennent l’initiative en remportant une bataille navale près de l’île de Midway, au coeur du Pacifique. Cette victoire est le premier tournant de la Seconde Guerre mondiale.

Un mois plus tôt, le général MacArthur avait pris le commandement en chef des opérations du Pacifique et lancé les premiers raids aériens sur Tokyo.

L’amiral Yamamoto, qui commande la flotte japonaise, voit l’urgence de s’emparer de la base de Midway pour écarter la menace de nouveaux raids. Averti de ses intentions, l’amiral Nimitz place la flotte américaine en embuscade près de l’île et attend…

À l’aube du 4 juin, comme prévu, bombardiers et chasseurs déciment la chasse américaine basée sur Midway. Les Japonais arment leurs avions en vue d’une nouvelle attaque…

Mais la flotte américaine sait maintenant où frapper ! Des escadrilles de bombardiers américains se glissent entre les nuages jusqu’au-dessus de la flotte japonaise et plongent en piqué sur celle-ci.

La surprise est totale. Trois porte-avions sont en feu. Yamamoto décide d’engager sans tarder le dernier qui lui reste. L’amiral croit que les Américains n’alignent que deux porte-avions mais un troisième, le Yorktown, est arrivé en renfort.

Attaque et contre-attaque se succèdent le 5 juin et ont raison du dernier porte-avions japonais. Les Américains ne perdent quant à eux que le Yorktown. L’empire du Soleil Levant avait présumé de ses forces en défiant la puissance américaine. Il est désormais voué à une inéluctable défaite…

source http://www.herodote.net/3_6_juin_1942-evenement-19420603.php

Sur le terrain de jeu

La première partie de la bataille  a vu uniquement les actions de l’aviation . Les quatre premiers tours , les navires ne peuvent pas se déplacer afin de simuler l’approche des différentes flottes trop loin encore pour se voir et engager un combat de surface , mais qui subissent cependant les attaques aériennes à distance. L’aviation américaine fut la plus rapide à découvrir les porte avions japonais . Il est vrai que la supériorité numérique joue en sa faveur , grâce aux seize escadrilles qui renforcent la base de Midway et les Catalinas peuvent rayonner tout autour. Pour contrer ce désavantage , les amiraux japonais mirent tout ce qui pouvait voler en première vague : les 4 porte avions , le porte avion léger , les deux porte hydravions ainsi que les deux  groupes de cuirassés et croiseurs capables de former  une escadrille d’hydravion. Chaque  porte avion était protégé par la DCA des cuirassés ou des destroyers ayant  la meilleure capacité anti aérienne . De cette façon , l’aviation japonaise embarquée était moins pénalisée . Après une attaque de Midway plutôt inefficace , les Val et les Kate se consacrèrent à l’attaque des porte avions américains une fois ceux ci découverts, tandis que les zéros protégeaient du mieux possible les navires japonais , et les hydravions assurant les actions auxiliaires. Mais les porte-avions US étaient encore mieux défendus par la DCA américaine et l’intervention des chasseurs Wildcat en protection continuelle . Les pertes en Kate et Val augmentèrent rapidement sans résultat. Les Dauntless et Devastator de leur côté coulèrent les deux porte-hydravions japonais après plusieurs attaques successives et le kaga fut en même temps désemparé , mais ne coula pas. Au tour 4 le Yorktown fut lui aussi désemparé grâce à l’attaque des avions torpilleurs pour une fois enfin réussie , tandis que les zéros occasionnaient des pertes importantes aux bombardiers américains en provenance de Midway au fur et à mesure des combats. Une seule escadrille de zéro fut détruite par la chasse adverse, mais un deuxième porte avion japonais l’Akagi fut lui aussi désemparé après avoir été attaqué par quatre escadrilles américaines qui profitèrent de l’absence des chasseurs adverses.

Au 5ème tour la flotte japonaise s’approcha en vue de Midway et les cuirassés Kongo et Hiei aidés des croiseurs purent bombarder l’île , qui subit ainsi deux impacts sur les quatre possibles , tandis que le reste des navires de cette première vague se dirigeait à la rencontre des navires de surface américains s’approchant eux aussi pour soutenir Midway. Les bateaux torpilleurs américains basés à Midway allèrent bravement à la rencontre des vaisseaux japonais , mais le tir des croiseurs adverses les pulvérisa très vite . La deuxième vague de navires japonais composée essentiellement de croiseurs légers et destroyers arriva aussi en encadrant les transports de troupes prêtes à débarquer sur l’île.L’aviation américaine réagit aussitôt en attaquant et coulant deux transports sur les cinq disponibles. Les zéros empêchaient toute nouvelle attaque sur les porte avions. Cette fois-ci , les avions torpilleurs japonais réussirent à achever et couler le Yorktown .

Au 6e tour , toute la flotte japonaise avance vers les navires américains en défense de Midway. Une salve américaine endommage le Hiei , alors que les deux cuirassés japonais ratent leur tir sur Midway cette fois ci. L’aviation US coule à nouveau un transport mais ne réussit pas à achever les deux porte avions adverses désemparés, bien protégés par les zéros qui continuent de détruire les bombardiers américains.
Les Kate et les Val sont réduits à trois escadrilles de torpilleurs maintenant sur les dix initiales, et les deux porte avions américains sont pratiquement à l’abri des attaques aériennes. Les deux transports japonais restants continuent de progresser vers Midway , en attendant que les cuirassés et croiseurs japonais détruisent la base , supprimant ainsi la menace de l’aviation terrestre et des batteries côtières américaines . La bataille se termine à ce moment là , nous n’avions pas la possibilité de continuer par manque de temps et c’est dommage . Ce fut une belle rencontre.

Epilogue

Si nous avions pu continué , les cuirassés nippons avaient une forte probabilité de mettre deux impacts en deux ou trois tours maximum sur la base supprimant ainsi la menace de l’aviation terrestre et des batteries côtières américaines , tandis que le reste de la flotte japonaise continuait à avancer à portée de torpille long range ( tir à 2 ou 3 cases possibles avec 3 coques au lieu de 2 par impact à la torpille, et avec 1 ou 2 torpilles par tir ) , et la plupart des destroyers et croiseurs nippons en disposent , avec même la possibilité d’ avoir pour cible les deux porte avions US restants s’ils restaient à portée. Les croiseurs et destroyers américains en infériorité numérique auraient été rapidement coulés avec la quantité importante de tirs de surface et surtout de torpillage adverse , pour seulement quelques pertes du côté des navires japonais . Les zéros continuaient à protéger les porte avions ( aucun de coulé pour le moment, seulement les porte hydravions ) par la mission de Combat air patrol et s’ils ne sont pas attaqués par air , les zéros peuvent aller alors protéger un transport à 2 cases du porte avion ) Les avions torpilleurs continuaient d’attaquer un seul porte avion US . Il suffit ensuite d’un transport survivant pour prendre Midway . L’aviation US devait donc à tout pris couler les deux transports intacts , et la flotte américaine était ensuite obligée de retraiter rapidement pour ne pas perdre les porte avions. La décision se fait en fait comme dans l’historique où la perte des porte avions japonais dans les 4 premiers tours entraine l’absence de couverture aérienne et le retrait nécessaire de la flotte japonaise . Si ceux-ci sont toujours là au 5e tour , la défense de Midway est compromise .

Au final , une partie très intéressante , j’ai eu du mal sur la fin à commander toute la flotte avec 60 bateaux ( plus les avions , plus la défense) et à voir les indications des cartes appropriées en même temps . Il faut au moins deux joueurs de chaque côté (et trois du côté japonais c’est mieux)  commandant un groupe de navire précis  ( il ne faudrait autoriser la communication entre eux qu’au début du tour seulement après l’initiative et avant toute phase de déplacement aérien de manière à avoir les ordres généraux , ensuite chacun prend les décisions de ses actions , où il met chacun de ses avions sous son commandement , et quels mouvements il effectue avec ses navires propres , sans que l’amiral en chef ne lui dise quoi que ce soit ou déplace un de ses éléments. L’avantage est aussi que ça accélère le déroulement et un subordonné peut se tromper ou être inventif .Il faut bien connaitre les cartes à l’avance pour utiliser les avantages ( je n’ai utilisé le combat air patrol des zéros qu’au 6 e tour ! et je n’ai compris l’avantage des torpilles long range qu’à ce moment là aussi ), l’idéal étant que les navires et les cartes soient prêts avant l’installation ( chaque joueur les prépare et les connait plus facilement s’il n’a qu’une vingtaine de navires sous ses ordres.
Mais une fois maîtrisé , le système War at Sea est ludique et réaliste . Il ne couvre que la bataille navale proprement dite , mais il pourrait être associé à une recherche navale stratégique qui la précède , basée sur une autre règle ( exemple le jeu D’Avallon Hill couvrant la recherche du Bismarck ou du Graf Spee dans l’Atlantique)

 

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Un commentaire

  1. zapata86
    Publié le 15 février 2014 à 11:39 | Permalien

    Merci Patrick pour ce résumé. J’étais moi-même amiral lors de la première phase avec des succès très mitigés au niveau de l’aviation. La légendaire réussite aux dés de l’amiral Patrick a encore frappé sur Midway. Il n’y a plus qu’à attendre les réactions des amiraux américains, pour voir si le soleil levant n’a pas ébloui l’amiral Patrick et ses commentaires triomphants!! Banzaï!!!